de Skyblog à Tour d’Ivoire : 20 ans d’écriture et de poésie
épisode 12 : retour sur mes premiers poèmes et mon parcours d'écriture
Je l’ai déjà dit plusieurs fois ici, mais l’écriture a toujours fait partie de ma vie. Je me rappelle avoir écrit (et mal dessiné) une bande dessinée où moi et mon crush de primaire — coucou Cody — étions des super-héros. À l’école, j’étais la plus heureuse quand on devait écrire une rédaction. À la fac, il m’était impossible de ne pas choisir l’écriture créative comme cours optionnel.
J’écris donc depuis mon plus jeune âge et j’ai toujours aimé ça. J’ai commencé à écrire ce qu’on appelle aujourd’hui de la poésie-thérapie1 quand j’étais en sixième-cinquième. J’avais donc 11-12 ans et j’en ai 30 aujourd’hui. Cela fait donc presque 20 ans que l’écriture poétique fait partie de ma vie, et je peux vous dire que ma plume a bien évolué depuis.
La vie telle qu’une journée d’hiver
qui glace ton âme un peu chaque jour
enlève la vie qui parcourt ton corps
pour qu’il ne reste qu’une âme faite de glace
et qui sera damnée à jamais.
Je relis ce poème et ça me fend le cœur de sentir cette détresse et cette obscurité chez moi, aussi jeune. Réaliser que je me suis construite avec ce mal-être depuis ma pré-adolescence m’attriste. Comme aujourd’hui sur Instagram, je postais déjà mes poèmes sur Internet, sur feu Skyblog. À la fermeture du site il y a presque 3 ans, j’ai retrouvé plusieurs de mes blogs de poésie. J’ai pensé à faire quelques captures d’écran avant que tout ne disparaisse dans le néant. Ci-dessous, un poème que j’ai écrit à l’âge de 13 ans.
Pourquoi tu n’aimes pas celle que je suis ?
Celle qui t’aime et qui te soutient,
celle qui est ton amie
Celle qui rêve de toi chaque nuit
Pour lui dire le lendemain
que tu ne tiens plus à être son ami
Pourquoi me fais-tu souffrir ?
Outre des problèmes de syntaxe et d’orthographe — j’ai corrigé cette dernière, car ça me piquait trop les yeux — je trouve que pour une jeune fille de 13 ans, ce n’est pas si mauvais que ça. Fin collège et lycée, j’ai commencé à écrire des poèmes plus longs. Le poème suivant a été écrit en 2011-2012 dans mon agenda Moleskine, et ensuite publié sur mon blog. J’avais donc 16 ans.
Dans le ciel corail, je peux apercevoir des oiseaux multicolores suivant un chemin invisible qui m’est inconnu. Le soleil baigne leurs ailes d’une douce lumière. La brise fraîche s’engouffre dans mes cheveux et caresse mon visage. Les fleurs et les hautes herbes dansent avec le vent. Ce paysage orangé laisse ensuite sa place à un firmament plus sombre, un bleu marine encore clair qui se parsèmera bientôt d’étoiles. Je regarde ce spectacle, et tout en fermant les yeux, j’écoute le silence. Plus rien n’a d’importance. C’est avec le cœur léger que je meurs enfin en paix.
A l’époque, je n’osais pas vraiment employer le terme poésie pour qualifier mes écrits. Ils étaient loin de ressembler à ceux de Baudelaire — ma seule référence à l’époque, avec Rimbaud2. Ce qui fait que je disais que j’écrivais des textes. Et pourtant, ce que j’écrivais correspondait bien à de la poésie en prose.
D’ailleurs, quand j’ai fait lire Tour d’Ivoire à mon père, il m’a dit que ce n’était pas un recueil de poèmes, mais un recueil de textes. Quand je reçois ce genre de remarques, je me remémore ce que Poisson Rouge m’a dit un jour : “Anything can be a poem if you believe it”. Alors, oui, maintenant, je n’ai plus peur de dire que j’écris de la poésie. Qui oserait dire que Les Illuminations de Rimbaud n’est pas de la poésie à cause de l’absence de vers ?
J’ai écrit quelques poèmes quand j’étais à la fac — d’ailleurs, le premier poème de Tour d’Ivoire a été écrit à cette période. Après, c’était plutôt en discontinu. J’étais davantage consacrée à mon écriture de critiques de films et de séries.
C’est à partir de fin 2022 que je reprends quotidiennement l’écriture poétique. Depuis, je n’ai plus jamais arrêté. Ma plume est d’ailleurs en constante évolution. Alors que mes derniers poèmes en vers libres dataient du collège, c’est en écrivant mon deuxième recueil que j’ai recommencé à écrire mes poèmes sous cette forme.
A force de voir la vie des autres
sur les réseaux sociaux,
on a oublié que
beaucoup de ce qu’on y voit est faux.
On est poussé à la surconsommation
et à la productivité.
La vie ordinaire a été mise de côté
pour une vie avec une to-do list rallongée,
des choses à faire tout au long de la journée.
Alors, on se blâme pour notre manque d’activité,
envieux de cette fausse réalité.
C’est à se demander si
la vie réelle est encore d’actualité.
Deux décennies que j’écris sur la santé mentale, que je couche sur le papier mes états d’âme et ma vision du monde, et que je les partage avec ceux qui pourraient s’y reconnaître. Peut-être que dans cinq ou dix ans (ou même moins), mes écrits seront différents de ceux que j’écris aujourd’hui, mais une chose est sûre, l’écriture et moi, c’est une histoire d’amour sans fin.
Et vous, avez-vous une passion avec laquelle vous avez grandi ? Dites-moi tout !
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La poésie-thérapie, c’est le fait d’écrire des poèmes à des fins thérapeutiques pour extérioriser ses émotions.
Je ne savais pas à l’époque que ces deux génies de la poésie avaient également écrit de la poésie en prose.








Je trouve ça tellement touchant ton regard d'adulte sur la poésie de tes plus jeunes années, avec ce fil rouge témoin de ton évolution.
L’époque skyblog était quand même épique, je ne l’ai connu que sur les dernières années quand c’était super connu. J’ai tellement adoré !
Je me reconnais beaucoup dans ce que tu as écris et dans ton rapport à l’écriture. Merci d’avoir partagé ça avec nous 🫶🏻